J’avais prévu de mettre un post demain, j’avais choisi le thème, écrit les phrases dans ma tête et j’allais m’y mettre dès mon réveil.
Comme chaque soir quand j’en ai l’occasion, j’ai fait un tour de la blogosphère pour le plaisir égoiste de vous lire, de vous admirer et de me redonner confiance dans ce pays.
Au bout d’une demi-douzaine de blogs, je me suis arrêté. J’avais lu le blog de
Larbi et celui de
Citoyen Hmida. Larbi donnait les résultats de « ses élections » et Hmida a écrit un superbe post sur l’islamisation de la société.
A la lecture de quelques commentaires, je n’avais plus le sourire, aucune envie de placer mes vannes et mes jeux de mots à la con. Juste une envie de hurler, de crier mon désespoir, de fuir…
Je suis né au Maroc, j’ai vécu au Maroc, j’ai fait mes études au Maroc, j’ai travaillé au Maroc, personne ne peut se prétendre plus marocain que je ne le suis. Personne ne peut m’enlever ma marocanité même pas moi-même, et pourtant j’ai envie de fuir…
On parle de religion comme modèle de société, on parle des partis islamiste comme alternative à la démocratie, on parle de l’Islam comme religion ultime, d’un nouveau modèle sauveur de le « réalité progressiste »…on parle du Maroc comme peuple de croyants, on parle de société se basant sur des principes divins contrairement à la démocratie « posé » par l’homme.
On parle et on parle mais je ne connais que très bien le non-débat, l’absence de tout raisonnement logique dans une suite de citations ressassées depuis des lustres.
Je n’ai plus envie de sourire, de plaisanter, de vivre….
Mes AMIS, même si vous ne voulez pas de mon amitié, vous n’avez aucune idée de ce que vous préconisez pour moi…Ma mort, la fin de ma vie…
Ma vie est faite de pensée et de débats, Ma vie est faite de rencontres, d’amitié et d’amour, Ma vie c’est beaucoup de rêves et d’envies…
J’ai envie de voir mon amour belle et femme, que le monde entier sache la chance que j’ai d’être heureux au lieu de la traiter comme un sous-homme, de la mettre sous-clè, de cacher son corps, sa féminité aux yeux des autres sous prétexte qu’elle est ma seule propriété.
J’ai envie de voir mon fils, mettre des jeans craqués, des chemises moulantes aux couleurs vives, rasé de près. De le voir expérimenter, tatonner, qu’il trouve sa voie comme je l’ai fait au lieu qu’à sa naissance, on ait déjà décidé de sa foi, de ses pratiques, et de la couleur de sa tunique.
J’ai envie de voir ma fille grandir cheveux aux vents, affirmer sa féminité, venir me demander si elle doit embrasser son premier mec, me cacher qu’elle a couché avec le deuxième, d’aimer l’homme de sa vie, le sentir, le choisir, le chérir…j’ai envie de la voir réussir dans ce qu’elle aura choisie de faire.
J’ai envie de voir mon père fier de son fils comme il l’est maintenant, au lieu de lui infliger le spectacle horrifiant de me voir fouetté parce que j’ai bu du vin, ou lapidé parce que j’ai aimé quelqu’un.
J’ai envie de voir ma mère se faire coquette, se faire belle indépendamment de l’âge, de sortir dîner avec l’homme qu’elle aime indéfiniment depuis si longtemps, de lui toucher la main et de l’embrasser en publique, parce que son amour n’a rien de honteux.
J’ai envie de voir mon grand père revenant de son énième pèlerinage et souriant à son impie petit-fils, le prenant dans ses bras et lui disant : « Ba9i ma hdakch ellah» et me rétorquant quand je lui dis non « rak 3ziz ouakha hakdake »
J’ai envie de garder ces soirées avec mes amis quand après quelques verres, on écoute de la musique « satanique », on parle de livres « érotiques », on débat des différentes religions, des convictions de chacun, de la foi de chacun, et on se quitte en titubant certes mais heureux comme jamais d’avoir été ensemble aussi différents sommes-nous.
J’ai envie que lorsque je passe le vendredi devant un parterre de croyants faisant leur prière, de voir dans leurs yeux l’immense amour de Dieu, au lieu de la haine envers mon insignifiante personne…comme si moi et dieu on se valait.
J’ai envie de vivre dans une société mixte, homme pour femme, femme pour homme, dans une superbe égalité arithmétique que Dieu a créé et que certains essaient de travestir.
J’ai envie que les femmes puissent choisir leur mari, le connaître vraiment, décider en leur âme et conscience au lieu de se le faire imposer par un quelconque tuteur sous prétexte qu’il a deux couilles et un pénis.
J’ai envie de garder mes amis croyants qui lorsqu’ils me voient bouffer pendant le Ramadan, me disent du plus haut de leur faim spirituelle, et sourire aux lèvres : « bessaha » au lieu de devenir pour eux le pestiféré…
J’ai envie de débattre du coran, discuter le Hadith, chercher les sens, déceler les contradictions au lieu de me voir à chaque fois rétorquer « la ijtihada m3a wouroudi annassi »
J’ai envie d’aider mon prochain, d’aimer tout un chacun, pas parce qu’il est mon frère de religion mais parce qu’il est un humain comme moi.
J’ai envie que moi marocain payant mes impôts, n’ayant jamais volé, jamais menti à mon pays, je sois traité mieux que le commerçant d’à côté qui n’ayant jamais payé d’impôt à l’Etat « hérétique » se permet de dire du fonds de sa barbe que je suis un fléau pour la société.
J’ai envie de croire en la démocratie, qui avant d’être la loi de la majorité, est le respect par la loi de tout citoyen indépendamment de ces convictions.
J’ai envie de croire que l’alternative à la démocratie n’est pas le totalitaire car mes amis vous pensez que le votre est divin et ne souffre d’aucune contradiction.
Je suis votre contradiction, mes amis, je fais indéniablement partie de ce peuple que vous croyez qu’il vous ressemble. Je ne suis pas seul mais nous ne sommes pas nombreux pour autant, vous êtes la multitude. Par cette démocratie que vous persistez à rejeter, un jour vous serez au pouvoir et votre totalitarisme nous obligera au silence, à la fuite ou à la confrontation.
Pourquoi mes amis ??? Pourquoi ? Ma foi est mienne, elle ne vous regarde pas, elle fait partie des rares choses qui me concernent exclusivement. J’ai juste envie de vivre mes envies et mes rêves sans contrainte.
Dieu m’a fait pensant et il sait très bien ce qu’il en est. Je ne suis pas de ceux qui disent qu’ils sont dans l’erreur et qui attendent un pardon divin, j’ai la conviction de ce que je suis, je l’assume devant moi-même et devant dieu, et dans sa grande justice il ne me tiendra pas rigueur du fruit de mes pensées, de ma conviction, de ma foi.
Vous pensez que je me trompe, que je croupirais en enfer, soit admettons. Mais ce sera mon enfer, pas le vôtre, j'aurais l'éternité pour me repentir, alors laissez moi vivre le peu d'années que j'ai sur cette terre...
Si un jour, je devenais multitude, je ne vous oppresserais pas, je ne vous interdirais rien à part le fait d’interdire les rêves des autres. Votre foi ne sera pas atteinte, vos pratiques seront respectées.
Pourquoi vous refusez les miennes ? Pourquoi, au lieu d’aimer dieu, vous acharner sur ma misérable personne à travers vos lois, pourtant moi je vous aime.
Nous ne croyons pas aux mêmes choses, mes amis, nous n’avons pas les mêmes valeurs, nous sommes mêmes diamétralement opposés, mais à votre différence…Votre foi ne met pas en danger la mienne. Vos convictions ne me remplissent pas de doute.
Je serais heureux si vous arrivez à percevoir dieu comme je le perçois, si vous arrivez à être aussi heureux spirituellement, je serais heureux pour vous. Mais de grâce ne m’enlevez pas par la force mon bonheur.
PS : Aux fidèles lecteurs de ce blog, ne m’en voulez pas, je m’étais promis en créant ce blog de ne jamais me prendre au sérieux, ni d’être sinistre, mais il est deux heures du matin et je n’ai pas le sourire.