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jeudi 10 mars 2011

Lettre à toi

 Majesté, tu viens de parler au peuple (tu vois généralement pour parler de toi, je parle de système ou de pouvoir : normal ton père m’a fait peureux et, contrairement à d’autres, je le suis resté. Mais après ton discours je peux me permettre).

Majesté, tu viens de me parler (tu as remarqué ? Je te tutoie, ce n’est pas un manque de respect,  mais plutôt signe d’intimité).

Majesté, tu viens de faire un discours historique (je ne peux que constater, dépité, que je reprends des formules de la MAP…Tu excuseras le manque d’imagination ;  depuis le temps…).

Majesté, tu sais, depuis toujours, que tu as droit de vie ou de mort sur moi (ben oui, je suis un anonyme, la foule, la multitude, et la justice de ce pays, en ton nom, peut tout faire).

Majesté, Tu me connais depuis toujours, Normal, je suis ton cher peuple (ou en arabe, cha3bouka al3ziz).

Majesté, Plus que me connaitre, tu te connais : jamais je n’aurais cru, qu’un discours clamé par toi, me procurerait autant d’émotion.
 
Majesté, jamais je n’aurais cru qu’un discours, depuis fort longtemps d’ailleurs, depuis celui sur le Nouveau Concept d’Autorité, ou celui sur la moudawana, me referait croire en toi.


Majesté, pourtant, je suis de bonne foi.

Majesté, j’avais perdu espoir, j’avais perdu, lucide, espoir en toi.


Majesté, lucide, car je suis tout sauf un doux rêveur, je ne crois fondamentalement plus aux belles âmes, y compris la mienne. 

Majesté, lucide, car je sais, avant toute chose, que le pouvoir, sans contre-pouvoir, pervertit.

Majesté, car toi-même, tu avais demandé, lucide, à ton frère, au début de ton règne : « si un jour je change, préviens-moi »

Majesté, car le même frère, un jour t’avait répondu : « un peu ».


Majesté, car en dépit de tout, toi-même aujourd’hui, moins lucide, tu le sais : « beaucoup »


Majesté, pourtant, je suis de bonne foi.
 

Majesté, après tout, tu m’excuseras, de ne plus croire au despote éclairé.

Majesté, après tout, tu m’excuseras, de ne plus croire au changement volontaire et volontariste.

Majesté, après tout, tu reconnaîtras, que si changement il y a, il est dû à un Wake up call, wake up call de jeunesse, wake up call de foule, wake up call de multitude, Wake-up call de contexte. Ine-fine un wake up call subi par moi, comme par toi.

Majesté, pourtant, je suis de bonne foi.

Car Majesté, aujourd’hui, après ton discours, j’ai bien envie de croire que le call, que le wake up call ait été bel et bien reçu, et qu’il ne s’agisse pas d’une simple boite vocale.


Car Majesté, aujourd’hui ton discours était tout simplement, et peut-être benoîtement le bon, voire : le meilleur. 

Car Majesté, aujourd’hui , ton discours m’a donné envie, de croire, de re-croire,  que les cinq dernières années étaient juste une parenthèse, une perversion, et que fondamentalement, tu étais bon, et que fondamentalement, tu  étais éclairé.

Car Majesté, aujourd’hui, le fait de reprendre à ton compte de justes revendications, certaines  anciennes, d’autres nouvelles, ne peut être qu’une bonne chose.

Car, aujourd’hui Majesté, Toi qui me connais depuis toujours, Normal, je suis ton cher peuple (ou en arabe, cha3bouka al3ziz) :

Car, Majesté, Toi qui  sais que je donne plus de sens aux mots qu’au contexte ;

Car, Majesté, Toi qui sais que tes paroles d’aujourd’hui sont plus dans l’esprit de la loi que la loi elle-même ;

Car, Majesté, si tes paroles sont loi, celles que tu viens de prononcer aujourd’hui sont miennes.

Car, Majesté, si actuellement tes paroles sont positivement loi, j’en retiens volontiers les dernières :

ان اريد الا الاصلاح ما استطعت وما توفيقي الا بالله عليه توكلت واليه انيب

Traduction libre : "je ne veux que la réforme, autant que je puisse, dieu me bénisse, à lui je me confie, et à lui je retourne"



Car, Majesté, pourtant, et bizarrement, je demeure toujours et encore de bonne foi : ne me re-déçois surtout pas.



mardi 22 février 2011

Rien de mieux :


Aujourd'hui quelqu'un m'a envoyé un poème...en arabe.

Pour la Libye.....
Pour le monde Arabe.....
Pour moi-même.......

J'ai beau chercher et chercher....

Rien de mieux....








مقابلة خاصة مع ابن نوح



جاء طوفانُ نوحْ!

المدينةُ تغْرقُ شيئاً.. فشيئاً


تفرُّ العصافيرُ,

والماءُ يعلو.

على دَرَجاتِ البيوتِ

- الحوانيتِ -

- مَبْنى البريدِ -

- البنوكِ -

- التماثيلِ (أجدادِنا الخالدين) -

- المعابدِ -

- أجْوِلةِ القَمْح -

- مستشفياتِ الولادةِ -

- بوابةِ السِّجنِ -

- دارِ الولايةِ -

أروقةِ الثّكناتِ الحَصينهْ.


العصافيرُ تجلو..

رويداً..

رويدا..

ويطفو الإوز على الماء,

يطفو الأثاثُ..

ولُعبةُ طفل..

وشَهقةُ أمٍ حَزينه

الصَّبايا يُلوّحن فوقَ السُطوحْ!


جاءَ طوفانُ نوحْ.

هاهمُ "الحكماءُ" يفرّونَ نحوَ السَّفينهْ

المغنونَ- سائس خيل الأمير- المرابونَ- قاضى القضاةِ

(.. ومملوكُهُ!) -

حاملُ السيفُ - راقصةُ المعبدِ

(ابتهجَت عندما انتشلتْ شعرَها المُسْتعارْ)

- جباةُ الضرائبِ - مستوردو شَحناتِ السّلاحِ -

عشيقُ الأميرةِ في سمْتِه الأنثوي الصَّبوحْ!


جاءَ طوفان نوحْ.

ها همُ الجُبناءُ يفرّون نحو السَّفينهْ.





بينما كُنتُ..

كانَ شبابُ المدينةْ

يلجمونَ جوادَ المياه الجَمُوحْ

ينقلونَ المِياهَ على الكَتفين.

ويستبقونَ الزمنْ

يبتنونَ سُدود الحجارةِ

عَلَّهم يُنقذونَ مِهادَ الصِّبا والحضاره

علَّهم يُنقذونَ.. الوطنْ!


.. صاحَ بي سيدُ الفُلكِ - قبل حُلولِ

السَّكينهْ:

"انجِ من بلدٍ.. لمْ تعدْ فيهِ روحْ!"

قلتُ:

طوبى لمن طعِموا خُبزه..

في الزمانِ الحسنْ

وأداروا له الظَّهرَ

يوم المِحَن!


ولنا المجدُ - نحنُ الذينَ وقَفْنا

(وقد طَمسَ اللهُ أسماءنا!)

نتحدى الدَّمارَ..

ونأوي الى جبلٍِ لا يموت

(يسمونَه الشَّعب!)

نأبي الفرارَ..

ونأبي النُزوحْ!


كان قلبي الذي نَسجتْه الجروحْ

كان قَلبي الذي لَعنتْه الشُروحْ

يرقدُ - الآن - فوقَ بقايا المدينه

وردةً من عَطنْ

هادئاً..


بعد أن قالَ "لا" للسفينهْ

.. وأحب الوطن


أمل دنقل



samedi 19 février 2011

Lettre à moi-même


le 19 février 23h15, Casablanca, Maroc

Maintenant que nous sommes tous seuls, moi et moi-même, je ne peux éluder la question.

Je suis marocain et demain, le 20 février 2011…..que vais-je faire ?

Depuis toujours, je fais miens principes universels et humanistes, depuis toujours je me fends, somme toute, d’une « posture » de probité et cohérence intellectuelles.

Je suis marocain et demain, le 20 février 2011…..que vais-je faire ?

Des âmes charitables, très charitables, s’évertuent à me fournir une quantité incalculable de prétextes et de subterfuges pour reporter sin-die cette question : 

  • Mais non les Revendications sont Floues, intellectuellement limités et politiquement immatures pour qu’une personne comme moi puisse les suivre.
  • Mais Bien sûr que nous avons des priorités économiques et des causes sacrées à défendre.
     
  • Mais Attention à ne pas servir des agendas étrangers qui ne veulent que nuire à ce pays.
  • Absolument Rien ne justifie le chaos, l’anarchie et l’insécurité pour les citoyens de ce pays.
  • On ne va pas quand même pas sombrer dans un Mimétisme béat rien que parce que d’autres l’on fait.
    • Et puis, admettons-le : in fine Il existe une Exception Marocaine ;
Mais Maintenant que nous sommes tous seuls, moi et moi-même, je ne peux ignorer que je sais. 

Je sais qu’au début de ce siècle, au début de la « Nayda » marocaine (politique et culturelle), nous étions nombreux à y croire à cette exception marocaine, et à l’applaudir du plus profond de notre être.

Je sais depuis quelques années, que cette « Nayda » a été définitivement enterrée, et qu’au lieu de nouveaux concepts nous avons assisté, dépité, année après année, au Renouveau des anciens.
Je sais depuis quelques années, que cette liberté a mué en relents de propagande et que cette propagande, a un air familier.

Je sais que ce souffle éclairé que nous appelions de nos vœux, s’est révélé être un simple hoquet.

Je suis marocain et demain, le 20 février 2011…..que vais-je faire ?

Maintenant que nous sommes tous seuls, moi et moi-même, je ne peux me cacher la réalité

La réalité étant que le système de ce pays a prouvé qu’il ne changeait que par rapports de force. Pourtant, quelqu’un avait dit que l’amour était de renoncer à sa force.

La réalité étant que les élites de ce pays ont démontré qu’elles étaient incapables de rééquilibrer ce Rapport de force, par opportunisme ou pire, comme pour moi, par fainéantise.

Peut-on reprocher dés lors, de profiter du contexte, un contexte sans précédent, extraordinaire, unique…?

Ce système ayant démontré qu’il avait la vie dure, n’est-il pas légitime donc de la lui mener ?


Je suis marocain et demain, le 20 février 2011…..que vais-je faire ?

Maintenant que nous sommes tous seuls, moi et moi-même, je ne peux faire l’économie de la sincérité. 

Je suis Marocain et Demain, le 20 février 2011…..je ne manifesterais probablement pas.

Maintenant que nous sommes tous seuls, moi et moi-même, je peux confesser ma peur.

La Peur au moins égale à celle du Système, mais pour de raisons différentes.

La Peur d’utiliser les mêmes moyens que d’autres, mais pour des finalités différentes.

La peur de voir cet appel Toucher des espérances qui dépassent les leurs.

La Peur de voir une génération perdue au service d’une noble cause, mais qui, hasard du calendrier, se trouve être la mienne.

La Peur, pour ma vie, mes rêves, mes ambitions, car moi contrairement à la majorité de ceux dont le hasard en a fait mes compatriotes, je peux en avoir.

La Peur, pour moi, car je suis un pauvre privilégié.

La Peur, pour moi, car je suis borgne au pays des aveugles.

La Peur, pour moi, qui au pays des aveugles suis roi.

Je m’envoie cette lettre aujourd’hui car demain, quel que soit le résultat, je ne pourrais changer d’avis, je ne pourrais dire que je n’avais pas le temps, je ne pourrais dire que je ne savais pas.

Maintenant que nous sommes tous seuls, moi et moi-même, encore une fois, Mon égoïsme est plus grand que mon EGO.

A moins que…

Cette lettre est dédiée aux meilleurs d’entre nous.

le 19 février 23h45, Casablanca, Maroc



vendredi 12 octobre 2007

Sonnez le Rassemblement!!


J’ai toujours aimé la petite fête (3id Sghir) ou si vous voulez la fête de rupture de jeune (3id al fitr). Je le/la trouve vraiment spécial(e).

J’aime bien le côté clean contrairement à la fête du mouton...

J’aime bien le côté familial avec le premier petit déjeuner où toute la famille se retrouve juste après la prière…

J’aime bien le côté enfantin quand tous les enfants (même pour des classes sociales défavorisées) sont habillés en neuf, cheveux lavés, brossés…

J’aime bien voir les pré-adolescents sortir en début d’après-midi, une poche bien garnie et une culture de consommation qui bat les américains à plate couture...

J’aime bien la générosité du matin quand on distribue les billets au concierge, gardien, bonne et tout ceux avec laquelle la vie a été moins généreuse….

Enfin j’aime bien voir ces tournées de la grande famille. Vous savez cette habitude en voie d’extinction de réserver l’après-midi du 3id à faire la tournée de tous ceux qui ont une relation plus ou moins familialement prouvée avec vous…

Non vraiment j’aime bien cette fête, mais je l’aime surtout parce qu’à mon sens c’est l’une des rares fêtes qui nous rassemblent nous autres marocains…..

Vous savez désormais que sur le plan économique, Culturel ou social, le Maroc est splitté en deux.

On voit les « voleurs » se distinguer des « cons qui méritent leur sort»

On voit les « sans foi ni repère (la dine la mella)» se confronter avec les « obscurantistes »

On voit les « putes et proxénètes » disputer le tort aux « soumises et misogynes ».

On écoute les musiciens « satanistes » et les « passéistes » s’insurger les uns contre les autres.

Le deux Maroc se volent mutuellement, s’ignorent mutuellement, s’insultent élégamment et même qu’ils se verraient bien en indépendantistes….


Je pourrais tout aussi bien rajouter, les « indécis », vous savez ces marocains qui ont le cul entre deux chaises….ouverts mais pas trop quand même, conservateurs modernes, féministes pro-tutelle, corrupteurs par dépit….

Mais ne nous égarons pas, si j’aime surtout cette fête, c’est que pour une journée, peu importe que vous soyez un fervent croyant souffrant d’un manque de sommeil pour recueillement et méditation, un mécréant notoire n’en pouvant plus de manger caché, un alcoolique en puissance éprouvé par la séparation avec son comptoir, un drogué craignant le pire pour cause de sevrage abusif, un terroriste impatient car il ne peut se faire exploser pendant ce mois sacré ou tout simplement un marocain de base ayant pratiqué le tout normalement le Ramadan mais dont le budget commençait sérieusement à s’en faire sentir…..que vous soyez l’un de ceux là vous ne pouvez qu’être heureux de la fête.


Certains d’entre vous auront le sentiment du devoir accompli, d’autres la délivrance d’un calvaire….mais dans les deux cas c’est VOTRE fête, aussi différentes soient vos motivations, le sourire est le même, authentique, sincère et général.

Ceci me permet de dire à vous TOUS, du plus profond de mon être, sincèrement et honnêtement, peu importe que je fasse parti des délivrés ou des consciencieux. Peu importe que vous soyez dans mon Maroc ou celui des autres. Peu importe que la chaise vous fasse mal au cul ou pas : 3id Moubarak Saïd (bonne fête).

dimanche 23 septembre 2007

Bloguons Utile : Un post pour les jeunes détenus et l’AACRPE


Ils sont là parce que d'une façon ou d'une autre, ils ont enfreint la loi. Ils écopent de peines lourdes, et subissent l'enfermement pour des durées qui dépassent presque leurs âges. Un petit larcin, un vol à l'arrachée, un pétard fumé en pleine rue. Les verdicts tombent sans compassion, leurs plus belles années volent en éclat, souvent pour des méfaits qui ne les auraient sans doute jamais inquiétés s'ils étaient nés du bon côté de l'oued. Dans une société de privilèges, on façonne le destin à notre gré d'un côté, on le subit du mieux qu'on peut de l'autre.
Les voilà condamnés.

Est ce le pire? Sans doute que non.

Les voilà oubliés, voilà le pire.

Hormis les actions menées dans le cadre associatif par de généreux bénévoles à l'image d'Assia El Ouadie dont le courage et la ténacité sont à saluer, il n'est guère de structure encadrante favorisant une réelle insertion dans la vie sociale et professionnelle une fois purgées leurs peines. Et pourtant, faut -il réellement soulever la question de savoir dans quelle mesure ce type d'expérience peut impacter la personnalité d'un individu? Est-il besoin de nombreuses études et analyses avant de comprendre que ces jeunes années d'enfermement peuvent être ravageuses si une réelle structure ne favorise pas une réinsertion réussie?

L'opinion publique ne peut occulter les destins brisés de ces mineurs qui pour la plupart ont simplement tenté de tromper leur misère ou leur faim le temps d'un vol. Elle ne peut pas se désintéresser des conditions de détention de tous ces jeunes détenus à qui tout fait défaut, de l'éducation au soutien psychologique. Elle ne peut simplement pas les laisser livrés à eux-même, brebis égarées et proies faciles du fondamentalisme ou du terrorisme. La colère de ces jeunes détenus doit pouvoir être résorbée sainement, faute de quoi elle risque d'éclabousser les murs de nos villes encore une fois, et nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.

C'est pour apporter un éclairage sur ces causes, peu aidées, pas suffisamment considérées, souvent oubliées, que nous avons décidé de créer le collectif Bloguons Utile. Loin de toute formalité, notre objectif est d'apporter modestement une contribution à ces causes, en faisant d'un loisir quotidien un loisir citoyen et utile.
Nous espérons ainsi créér une émulation autour d'un projet commun dans une blogosphère sans frontières. Toutes les initiatives individuelles sont les bienvenues, la latitude pour agir est extrême et chaque contribution sera d'une grande aide. Vous, blogueurs, lecteurs, internautes à vos heures perdues, pouvez nous aider en faisant vos dons (en espèces, chèque, ou virement bancaire) auprès de l'Association des Amis des Centres de Réforme et de la Protection de l'Enfance ou en collectant auprès de vos lieux de travail, vos écoles ou universités, vos voisins d'immeuble ou de quartier, votre centre de loisir ou votre entourage: des vêtements, des fournitures scolaires, des livres en français ou en arabe, du matériel informatique, etc. Quelque soit l'écho de votre blog auprès du public, quelle que soit la portée de vos écrits, aucun post dédié à cette cause ne sera de trop, puisque chaque lecteur est un donneur potentiel.

Nous nous devons de mener cette action pour favoriser la réinsertion de ces mineurs, et d'encourager les individus, blogueurs ou pas, à apporter leur contribution à cette cause, que ce soit par le volontariat et le bénévolat auprès de l'association, le don financier ou en nature, ou en observant une conduite citoyenne au niveau des entreprises, afin de favoriser la réinsertion professionnelle et offrir des emplois à ces jeunes desquels souvent le marché du travail se détourne.
Tous unis derrière une cause, tous unis pour un Maroc meilleur et plus équitable.
Si vous ne faîtes pas encore parti du collectif Bloguons Utile, envoyez un mail à l'adresse bloguonsutile@gmail.com . Vous serez informés des manifestations en cours ou à venir, et pourrez intervenir activement au sein de l'organisation ou être à votre tour force de proposition pour de prochaines actions.

Tous les dons à l'association devront être versés à l'ACRPE: (www.wladna.org)
RIB: 022.780.000.169.00.050.178.71.74 Swift : SGMB MAMC
ou déposés à l'adresse suivante: 6 Rue Houdhoud, Bd Mers Sultan - Appt 17 - Casablanca. (ou Contactez Fatim-Zohra Ammor au +21261 07 41 74)

Parceque notre collectif croit à l'effet papillon, nous comptons sur votre contribution.
A vos claviers.

jeudi 16 août 2007

BLOG EN DEUIL


Peut-on se permettre d' être drôle dans ce pays? L’humour a-t il place dans l’effroyable bêtise marocaine ? A t-on toujours le droit de sourire même sous le signe de la dérision ?

Chaque jour des évènements viennent nous soustraire a notre bonne humeur...Chaque jour, des drames viennent nous rappeler que bientôt nous porterons tous le noir du deuil pour ce pays...Chaque jour, du plus haut de notre statut d intellectuel du dimanche, la misère marocaine nous saute aux yeux (ce n est pas une métaphore)

Contrairement a beaucoup d autres, quand je parle de misère je l'évoque au sens large. Bien s^ur que le marocain est pauvre. Bien s^ur q’une majorité de marocains vivent dans des conditions que des Associations de Protection des Animaux trouveraient inacceptables. Bien s^ur que les marocains ne vivent pas, ils survivent...
Toute personne qui affirmerait le contraire est soit aveugle-sourd-muet, soit vit en Norvege et garde du Maroc une image scannée d’une carte postale. Cette affirmation est radicale et ne permet pas le débat mais croyez moi si l’on admet qu' il peut y avoir des vérités absolues, celle la l’est absolument.

Paradoxalement quand je pense a la pauvreté économique du Maroc, je me laisse aller vers un optimisme niais qui me permet sur ce blog quelques envolées humoristiques de bas de gamme. je peux espérer que ce pays avec la bénédiction de la pluie bien sur, peut s'en sortir... Vous savez, d'autres pays comme l Espagne ou le Chili y sont arrives en quelques années...

Si je reste fondamentalement (le terme est malheureux, mais bon) pessimiste au point de culpabiliser le sourire, c est que je suis persuade que notre misère est d’abord culturelle et intellectuelle.

Notre pauvreté est une pauvreté de pensée, d’analyse et de bon sens. Les marocains ne réfléchissent pas, ils réagissent. Quand il s’agit de réflexions, les marocains ont des réflexes. oui, je Généralise, mais ce n’est pas tellement biaisé, même que je me mets dans le lot (le gros, celui que ce pays a gagné).

Est ce de notre faute (vous voyez que je m’y inclus) ? sûrement pas, des décennies de programmes scolaires ridicules, des décennies d’ânerie a la télé, des décennies de virginité culturelle (la seule virginité acceptable au Maroc), des décennies de pensée unique....ont eu raison du cerveau marocain

Les rares qui y ont échappés sont : mécréants, opposants, irrespectueux, a la solde de l'occident, politiquement incorrects, cherchant a déstabiliser la nation et d'autres qualificatifs qui les mettent au ban de la société quand ce n est pas eux mêmes qui mettent les voiles.....

Le drame c'est que de cette misère la, on ne s’en sort pas avec des prouesses économiques, aussi nécessaires soit-elles....on ne règle pas le problème avec quelques années de croissance a deux chiffres...cette misère la on la traînera pendant des générations...on la vivra pendant des décennies parfois même elle tuera certains d entre nous...cette misère la est la plus révoltante car elle est source de toutes les conneries, toutes les horreurs...cette misère la me permet de penser que ma génération et la votre, comme celle de vos enfants sont irrémédiablement perdues dans ce pays...

Envoyez vos dossiers au Canada...postulez a la loterie américaine...vous êtes entrain de me lire en français, ce qui prouve que vous n'êtes pas sans le sou, mais l'ironique dans la chose c est que rien ne nous différencie des victimes des pateras...nous n'avons pas les mêmes raisons mais nous arrivons a la même conclusion...Le Maroc est un Alcatraz, Dieu vous en délivre...


Pendant Quelques jours, j'aurais l occasion et la chance de me déconnecter de ce pays, j'espère pouvoir trouver quelques raisons valables pour y retourner...je vous raconterais ça plus tard en attendant, ce blog comme le pays est en deuil pour :
- Prison ferme contre un journaliste quand même le sursis est condamnable
- Fanatisme version bac+5
- Préfet de police hypothétiquement proxénète
- Censure d hebdomadaires
- Chômeur Bizarrement en Vacances (a ceux qui ne l'ont jamais essaye, oui le chômage use)


ARRIVEDERCI

lundi 16 juillet 2007

Profession de foi

J’avais prévu de mettre un post demain, j’avais choisi le thème, écrit les phrases dans ma tête et j’allais m’y mettre dès mon réveil.

Comme chaque soir quand j’en ai l’occasion, j’ai fait un tour de la blogosphère pour le plaisir égoiste de vous lire, de vous admirer et de me redonner confiance dans ce pays.

Au bout d’une demi-douzaine de blogs, je me suis arrêté. J’avais lu le blog de Larbi et celui de Citoyen Hmida. Larbi donnait les résultats de « ses élections » et Hmida a écrit un superbe post sur l’islamisation de la société.

A la lecture de quelques commentaires, je n’avais plus le sourire, aucune envie de placer mes vannes et mes jeux de mots à la con. Juste une envie de hurler, de crier mon désespoir, de fuir…

Je suis né au Maroc, j’ai vécu au Maroc, j’ai fait mes études au Maroc, j’ai travaillé au Maroc, personne ne peut se prétendre plus marocain que je ne le suis. Personne ne peut m’enlever ma marocanité même pas moi-même, et pourtant j’ai envie de fuir…

On parle de religion comme modèle de société, on parle des partis islamiste comme alternative à la démocratie, on parle de l’Islam comme religion ultime, d’un nouveau modèle sauveur de le « réalité progressiste »…on parle du Maroc comme peuple de croyants, on parle de société se basant sur des principes divins contrairement à la démocratie « posé » par l’homme.
On parle et on parle mais je ne connais que très bien le non-débat, l’absence de tout raisonnement logique dans une suite de citations ressassées depuis des lustres.

Je n’ai plus envie de sourire, de plaisanter, de vivre….

Mes AMIS, même si vous ne voulez pas de mon amitié, vous n’avez aucune idée de ce que vous préconisez pour moi…Ma mort, la fin de ma vie…

Ma vie est faite de pensée et de débats, Ma vie est faite de rencontres, d’amitié et d’amour, Ma vie c’est beaucoup de rêves et d’envies…

J’ai envie de voir mon amour belle et femme, que le monde entier sache la chance que j’ai d’être heureux au lieu de la traiter comme un sous-homme, de la mettre sous-clè, de cacher son corps, sa féminité aux yeux des autres sous prétexte qu’elle est ma seule propriété.

J’ai envie de voir mon fils, mettre des jeans craqués, des chemises moulantes aux couleurs vives, rasé de près. De le voir expérimenter, tatonner, qu’il trouve sa voie comme je l’ai fait au lieu qu’à sa naissance, on ait déjà décidé de sa foi, de ses pratiques, et de la couleur de sa tunique.

J’ai envie de voir ma fille grandir cheveux aux vents, affirmer sa féminité, venir me demander si elle doit embrasser son premier mec, me cacher qu’elle a couché avec le deuxième, d’aimer l’homme de sa vie, le sentir, le choisir, le chérir…j’ai envie de la voir réussir dans ce qu’elle aura choisie de faire.

J’ai envie de voir mon père fier de son fils comme il l’est maintenant, au lieu de lui infliger le spectacle horrifiant de me voir fouetté parce que j’ai bu du vin, ou lapidé parce que j’ai aimé quelqu’un.

J’ai envie de voir ma mère se faire coquette, se faire belle indépendamment de l’âge, de sortir dîner avec l’homme qu’elle aime indéfiniment depuis si longtemps, de lui toucher la main et de l’embrasser en publique, parce que son amour n’a rien de honteux.

J’ai envie de voir mon grand père revenant de son énième pèlerinage et souriant à son impie petit-fils, le prenant dans ses bras et lui disant : « Ba9i ma hdakch ellah» et me rétorquant quand je lui dis non « rak 3ziz ouakha hakdake »

J’ai envie de garder ces soirées avec mes amis quand après quelques verres, on écoute de la musique « satanique », on parle de livres « érotiques », on débat des différentes religions, des convictions de chacun, de la foi de chacun, et on se quitte en titubant certes mais heureux comme jamais d’avoir été ensemble aussi différents sommes-nous.

J’ai envie que lorsque je passe le vendredi devant un parterre de croyants faisant leur prière, de voir dans leurs yeux l’immense amour de Dieu, au lieu de la haine envers mon insignifiante personne…comme si moi et dieu on se valait.

J’ai envie de vivre dans une société mixte, homme pour femme, femme pour homme, dans une superbe égalité arithmétique que Dieu a créé et que certains essaient de travestir.

J’ai envie que les femmes puissent choisir leur mari, le connaître vraiment, décider en leur âme et conscience au lieu de se le faire imposer par un quelconque tuteur sous prétexte qu’il a deux couilles et un pénis.

J’ai envie de garder mes amis croyants qui lorsqu’ils me voient bouffer pendant le Ramadan, me disent du plus haut de leur faim spirituelle, et sourire aux lèvres : « bessaha » au lieu de devenir pour eux le pestiféré…

J’ai envie de débattre du coran, discuter le Hadith, chercher les sens, déceler les contradictions au lieu de me voir à chaque fois rétorquer « la ijtihada m3a wouroudi annassi »

J’ai envie d’aider mon prochain, d’aimer tout un chacun, pas parce qu’il est mon frère de religion mais parce qu’il est un humain comme moi.

J’ai envie que moi marocain payant mes impôts, n’ayant jamais volé, jamais menti à mon pays, je sois traité mieux que le commerçant d’à côté qui n’ayant jamais payé d’impôt à l’Etat « hérétique » se permet de dire du fonds de sa barbe que je suis un fléau pour la société.

J’ai envie de croire en la démocratie, qui avant d’être la loi de la majorité, est le respect par la loi de tout citoyen indépendamment de ces convictions.

J’ai envie de croire que l’alternative à la démocratie n’est pas le totalitaire car mes amis vous pensez que le votre est divin et ne souffre d’aucune contradiction.

Je suis votre contradiction, mes amis, je fais indéniablement partie de ce peuple que vous croyez qu’il vous ressemble. Je ne suis pas seul mais nous ne sommes pas nombreux pour autant, vous êtes la multitude. Par cette démocratie que vous persistez à rejeter, un jour vous serez au pouvoir et votre totalitarisme nous obligera au silence, à la fuite ou à la confrontation.

Pourquoi mes amis ??? Pourquoi ? Ma foi est mienne, elle ne vous regarde pas, elle fait partie des rares choses qui me concernent exclusivement. J’ai juste envie de vivre mes envies et mes rêves sans contrainte.

Dieu m’a fait pensant et il sait très bien ce qu’il en est. Je ne suis pas de ceux qui disent qu’ils sont dans l’erreur et qui attendent un pardon divin, j’ai la conviction de ce que je suis, je l’assume devant moi-même et devant dieu, et dans sa grande justice il ne me tiendra pas rigueur du fruit de mes pensées, de ma conviction, de ma foi.
Vous pensez que je me trompe, que je croupirais en enfer, soit admettons. Mais ce sera mon enfer, pas le vôtre, j'aurais l'éternité pour me repentir, alors laissez moi vivre le peu d'années que j'ai sur cette terre...

Si un jour, je devenais multitude, je ne vous oppresserais pas, je ne vous interdirais rien à part le fait d’interdire les rêves des autres. Votre foi ne sera pas atteinte, vos pratiques seront respectées.
Pourquoi vous refusez les miennes ? Pourquoi, au lieu d’aimer dieu, vous acharner sur ma misérable personne à travers vos lois, pourtant moi je vous aime.

Nous ne croyons pas aux mêmes choses, mes amis, nous n’avons pas les mêmes valeurs, nous sommes mêmes diamétralement opposés, mais à votre différence…Votre foi ne met pas en danger la mienne. Vos convictions ne me remplissent pas de doute.
Je serais heureux si vous arrivez à percevoir dieu comme je le perçois, si vous arrivez à être aussi heureux spirituellement, je serais heureux pour vous. Mais de grâce ne m’enlevez pas par la force mon bonheur.



PS : Aux fidèles lecteurs de ce blog, ne m’en voulez pas, je m’étais promis en créant ce blog de ne jamais me prendre au sérieux, ni d’être sinistre, mais il est deux heures du matin et je n’ai pas le sourire.

vendredi 22 juin 2007

Fhamator aussi con que prévu

Le dernier post de Fhamator a suscité pas mal de commentaires pour le tout nouveau blog qu’est le sien. Des commentaires qui me laisse personnellement (et non pas Fhamator) saisi par de nombreux doutes.

Entre la sublime jouissance d’être pris, à tort je le précise, pour Reda Allali alias Zakaria Bouaalam (merci Nadia et Najlae), d’autres commentaires sont plus tranchés et reprochent à Fhamator son caractère rétrograde et démagogue sur la mixité des lycées (Suivi et Adamito notamment, je reste plus indécis concernant Zaz).

A tous ceux, envers qui j’aurais mal exprimé le fond de ma pensée sous la caricature de Fhamator (je le répété chantre exemplaire de la connerie marocaine), je présente mes plus plates excuses. Je voulais être subtil, décalé, implicite…je n’ai pas su l’être, et j’ai peut être induit pas mal de monde en erreur, en raison de la pauvreté combinée de mon verbe et de mon style.

Pour éviter tout malentendu futur, je vais décrire ce blog non pas avec mes mots qui sont dangereusement confus, mais ceux plus clairs de l’incroyable érudit qu’est le grand « Umberto Eco » dans son formidable « comment voyager avec un saumon » :

« Ces parodies……..elles anticipent ce que d’autres ont ensuite écrit véritablement. Telle est la mission de la parodie : elle ne doit jamais craindre d’exagérer. Si elle vise juste, elle ne fait que préfigurer ce que d’autres réaliseront sans rougir, avec une impassible et virile gravité….
Entendons-nous bien : ces parodies (tout en ayant une fonction morale qui leur est propre) furent écrites sous l’égide du divertissement, et c’est sous cette même et unique égide que sont nés les textes présentés ici. Je ne dis pas cela pou m’excuser : je défends le droit au divertissement, surtout s’il sert à exercer le langage.
Mais, dans l’ensemble, ces….parodies…..ont presque tous été rédigés sous le coup de l’indignation.
Peut-on s’indigner en souriant ? Non, quand l’indignation naît de la méchanceté et de l’horreur, oui, quand elle naît de la stupidité. Contrairement à ce que disait Descartes, la chose du monde la mieux partagée, ce n’est pas le bon sens, mais la bêtise : car chacun pense en être si bien dépourvu que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose n’ont point coutume d’en désirer moins qu’ils en ont.
» Fin de citation.

J’espère qu’il est désormais clair que Fhamator est la parodie de la bêtise marocaine dans toute sa splendeur et ce aussi bien sur la mixité du lycée, l’excellence des profs que l’élitisme des programmes.

A part ça comment allez vous ?