mardi 1 avril 2008

Incompréhensible Plaisenterie


G prit un sourire entendu…..littéralement entendu et en disparaissant derrière ma porte qu’elle fermait, du fonds de ses yeux rieurs, elle me balance : « A bientôt. »

Avec G, j’avais eu une petite…ridicule…insignifiante histoire dans le temps. Histoire étant un bien grand mot pour qualifier quelque chose d’inqualifiable ayant duré tout au plus quelques semaines.

Nous nous étions quitté en adultes, parce que tout bêtement c’était impossible. Trop de différences, trop d’incompatibilités d’humeur et d’autres, trop d’ennui surtout.

Nous étions partis chacun de son côté sans absolument aucun regret. Même sans rester amis puisque nous ne l’avons simplement jamais été.

Aucun contact à part les rares hasardeuses rencontres par le biais de quelques amis communs.

Jusqu’au jour où G m’appela :

G : « salut, c’est G, quoi de neuf »

Moi : « que du vieux G, que du vieux ».

G : « si tu veux du plus vieux encore, je peux passer vers 19h ».

Je n’y comprenais rien. Je ne l’avais plus vu depuis des lustres. Je n’avais aucune idée de ce qu’elle était devenue. Je ne savais même pas ce qu’elle me voulait. Je n’en avais même pas envie.

Mais j’ai dit oui. Non pas par curiosité, mais à cause d’un vieux réflexe masculin qui fait que l’on se fait un point d’honneur à toujours répondre à l’invitation d’une fille. Certain(e)s se voient heureux(ses) qu’il n’y en aient pas tant que ça.

Moi : « ok, tu connais ma nouvelle adresse ?».

Le souvenir que j’avais gardé d’elle était confus, même mitigé : Ni agréable, ni désagréable, indifférent.

G faisait jusqu’à ce jour, partie de ces filles qui lorsque l’on essaie mentalement de faire la liste de ses conquêtes, on pouvait facilement ne pas s’en rappeler.

Comme convenu, G débarqua vers 19h et repartit vers 22h. Pendant ces trois heures, j’ ai redécouvert G ou plutôt je l’ai découverte…de fonds en comble.

En sueur, le souffle coupé, les mots difficiles, elle me lance : « alors ? »
Moi : « c’est…..différent, qu’est ce qui a changé ?».

LA réponse …..
G : « je suis follement amoureuse ».

Elle me raconta comment elle l’avait rencontré, comment ça avait commencé et comment elle a découvert des émotions toutes nouvelles pour elle.

Moi : « Quelle relation avec le changement ?»
G : « Avant quand nous sortions ensemble, je cherchais d’abord et avant tout à déterminer si ça pouvait marcher entre nous. Si tu étais lui ou pas. Ça pèse…ça bloque ! J’avais l’impression à chaque fois que tu me touchais, que je me mentais, que je te donnais un rôle qui ne serait de toute façon jamais le tien. Une erreur de casting en somme, qui fait que le film est toujours mauvais »
Moi : « et maintenant ? ».
G : « Pour le long métrage, j’ai mon premier rôle. Sur les courts métrage, je me fais plaisir !!!».


Pourtant G n’était pas une marginale !!!!
Venir me voir alors qu’elle avait quelqu’un ne lui ressemblait absolument pas.
Se cantonner au physique ne lui ressemblait absolument pas.
Elle ne se ressemblait absolument plus.


Avait-elle conscience de ce qu’elle faisait ?
Savait-elle à quel point c’était dépourvu de toute logique, du moins de la sienne ?
Imaginait-elle ne serait que le risque qu’elle prenait ? Celui de perdre ce à quoi elle tenait avant toute chose.


Elle est partie et je ne me suis plus trop posé de questions. J’ai tout mis sur le compte d’une éventuelle expérimentation, une sorte d’enterrement de célibat avant l’heure et je n’y ai plus pensé….du moins j’ai essayé.

Sa réapparition m’avait grandement perturbé alors que sa présence dans le temps ne m’avait même pas marquée.

L’incompréhension que j’avais de son attitude lui donnait une touche mystérieuse. Mystère et Désir ont souvent fait bon ménage.

La vie aidant, G fut rangé du côté des mes souvenirs, même si désormais dans ma liste, elle était toujours là….

Jusqu’à ce que plusieurs mois plus tard, nouvel appel…..

G : « Quoi de neuf ? ».
Moi : « que du vieux G, que du vieux »
G: « si tu veux du plus vieux encore, je peux passer vers 19h »
Moi : « OK ».

En raccrochant, je chamboule mon emploi du temps, reporte un rendez-vous et m’installe confortablement, attendant son arrivée, en me demandant ce qui a bien pu se passer pour qu’elle rappelle…encore une fois.

Elle arriva et à peine nous nous sommes salués….

En sueur, le souffle coupé, les mots difficiles, elle me lance : « Alors ? ».
Moi : « toujours amoureuse à ce que je vois !!!!»

G : « je me marie dans quatre mois »

Cette fois-ci, il fallait que je le dise :

Moi : « mais qu’est ce que tu fous là G ?!!!! ».

G : « Je m’amuse, pas toi ? »

Moi : « Bien sûr que si, mais à quoi ça rime ? Tu es follement amoureuse, tu vas te marier, et pourtant tu es bel et bien là ».

G : « je suis très heureuse avec mon homme, sur tous les plans ne t’inquiète pas !!! Si je suis là, c’est ma petite parenthèse vite fermée. C’est comme fumer un pétard un beau soir de vacances, histoire de s’amuser sans pour autant sombrer dans l’addiction. »

Moi : « Pourquoi moi alors ? à moins qu’il y en ait d’autres»

G : « Non. Parce que toi, tu es ma garantie. Le fait qu’on soit tous les deux sûrs qu’il n’y aura jamais rien entre nous, ramène tout ça à l’ordre de la plaisanterie.
En quelque sorte, tu es mon petit gode humain »

Moi : « petit était superflu !!!! »

G : « c’est aussi pour ça que c’est toi. Tu ne prends rien au sérieux, même pas toi-même. Il fait bon de plaisanter avec toi.».

Entre la G que j’ai connu, celle qui est réapparu, et celle qui est revenu, je n’en reconnaissais aucune.

La découverte était de plus en plus belle, mon incompréhension de plus en plus totale et pour moi la plaisanterie prenait des allures sérieuses….DANGER.

Son téléphone sonne, d’un doigt sur ma bouche et d’un baiser sur le torse elle me demande de me taire :

« oui, chéri, »
Son détachement me fascine.

« oui, toujours, je te rappelle dès que je rentre ».
Son calme me perturbe.

« Moi aussi, bébé ».
Sa lucidité faisait déjà vaciller la mienne.

Elle s’est rhabillée plus vite qu’elle ne s’était dévêtue….

Moi je me disais qu’après tout la vie est bien faite. Elle va se marier et la plaisanterie serait finie, en restant tout aussi drôle.

Tout ce qu’il en resterait, c’est quelque places gagnés par G dans ma liste, beaucoup même.

Je lui ai ouvert la porte, embrassé et lui ait dit : « Adieu ».

G prit un sourire entendu…..littéralement entendu et en disparaissant derrière ma porte qu’elle fermait, du fonds de ses yeux rieurs, elle me balance : « A bientôt. »

17 commentaires:

Anonyme a dit…

Très beau récit fhamator!et je dirais même que cette fois-ci il s'agit de la plume d'un Amoureux. Cela dit, comme on est le 1er Avril, je dirais plutot que c'est un pur et dur poisson d'Avril ;)
Signé: big-up

Mohammed SLIMANI a dit…

Nayda :D

7didane a dit…

A ta santé !

le3zaoui a dit…

Chapeau bas monsieur! ;)

CandySha a dit…

Coucou
Très sympa le billet :)
nouvelle en tant que blogueuse mais ancienne en tant que lectrice dans la blogoma...

jeL a dit…

belle illusion d'un romantisme fhamatorien ...

--itri

waaayli a dit…

tout ce qu'il faut pour hypertrophier ton égo fhamatorien de rajel cocufiant ses paires (mais non semblales)...
vas y, prends ton pied tant que tu ne le connais pas... ce pauvre mec...

:p

Ouafa a dit…

A mon humble avis, tes billets rouges sont ce que t'a écrit de mieux!! J'aime particulièrement l'atmosphère que dégage celui ci!! le fhamator est attachant

Anonyme a dit…

Reda Allali t'as rendu un immense service en faisant en sorte que je daigne me rendre sur ce blog et délecter mes augustes yeux (voir PS2) de ta prose mmm, comment dire... fl moustawa... Moi qui considérais la publicité comme un vulgaire procédé d'aliénation des esprits faibles, je reconnais là une exception qui confirme ma règle, mais ceci dit, je ne crois pas que vous puissiez comprendre.

PS1: Pour ceux qui me prennent pour un sang bleu-débile, je signale que je lis ce blog de manière intensive depuis une semaine et que forcément ça laisse des séquelles.

PS2: je suis myope mais là n'est pas la question.

Non sérieux, bravo sir fhamator pour cette honorable contribution et si je puis me faire mettre, continuez ainsi!

Ellie a dit…

Ahh ces billets rouges, toujours fidèles à leur ton...ça faisait longtemps mon cher fhamator, mais le billet valait bien l'attente, le voyage est des plus agréables...

Je vois que G. a suscité beaucoup de remous (d'encre rouge tout du moins:), mon petit doigt me dit que ça ne sert à rien de chercher à comprendre sa logique, G ne se comprend pas elle même je metterais le dit doigt à couper :)(je n'en ai pas un en plus je vous rassure, mais comme c'est lui qui me briefe, bah il n'a qu'à assumer :)...

Ceci dit, ce que femme veut...:)

Youness a dit…

J’estime que le CNRF devrait se pencher sérieusement sur ce point « G ».

Anonyme a dit…

Delicieux ROUGET aux tomates :))))

Inspiration

Mohamed a dit…

Un récit aussi mystérieux et recherché que le fameux point G!
Bon choix de prénom!

Zaz a dit…

qui es tu imposteur? Fhamator reviens nous vite!!!

une marocaine a dit…

Je viens sur ton blog depuis un certain temps mais je ne sais pas pourquoi cette fois j'ai lu ce billet de façon spéciale. Je ne sais pas si ca vient de moi, du billet, de l'alchimie des deux ou d'autre chose mais une chose est sure ce billet sort du lot.

PS 1 : que ca soit fiction ou réalité peu importe. C'est un très beau billet. Chapeau bas :)

PS 2 : je m'attendais à une chute genre la "G" est le fameux point G :)))

Fhamator a dit…

@big-up : pourquoi parler de poisson alors que je parle de moule :-).

@Slimani : moute.

@7didane : dans les yeux.

@le3zaoui : j'aimerais bien qu'il soit au liban mon chapeau :-).

@Candysha : Bienvenue sur la blogoma Candy.

@Jel : tout est illusion, tu le sais bien :-).

@waayli : Rajel ou ness. :-p.

@Ouafa : Attaché plutôt :-). merci.

@Anonyme : tiens, une fhamatorette. Bien sûr que tu peux te faire mettre.

@ellie : ah, ne me parle pas de doigts STP, ça me démange.

@Youness : il s'y penche, il s'y penche littéralement.

@inspiration : Bon appetit :-)

@Mohamed : Merci Monsieur.

@Zaz : il arrive ma Zaz, il arrive.

@marocaine : Vraiment ravi marocaine.
Fhamator expert en contre-pied.

Anonyme a dit…

tbarkellah 3ala al kari7a al jayyasha (ما شاء الله على القريحة الجياشة)

beautiful reading...